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Covid-19: comment les hôpitaux gèrent l’épidémie, de l’intérieur

Si l'épidémie de Coronavirus est actuellement “faible” sur le territoire français, des mesures particulières de protection et d'hygiène du personnel soignant s'appliquent pour contrôler les risques d'infection auprès des soignants et des patients : résumé des directives gouvernementales et témoignage d'un infirmier urgentiste.

Le personnel soignant est en première ligne contre l'épidémie actuelle de Covid-19. Ce coronavirus étant très contagieux, notamment par les mains ou bien les gouttelettes et la respiration, des mesures de biosécurité renforcées sont mises en place pour préserver la santé des patients non infectés par le Covid-19, visiteurs et le personnel soignant.
Nous sommes actuellement au stade 2 de l'épidémie : cela signife que la mission des organismes de santé est d'endiguer la propagation du virus pour éviter le passage au stade 3, un stade pandémique. Cette mission passe autant par la bonne gestion des patients que le respect strict des consignes de biosécurité imposées par la situation. L'AGEMS vous résume les directives sur le terrain grâce au témoignage d'un infrmier urgentiste et le résumé des dossiers du Ministère de la Santé (disponibles du solidarité-santé.gouv.fr ).

La prise en charge rapide des cas suspects

Les cas suspects présentant symptômes respiratoires, toux et fèvre sont à isoler directement dans l'attente des résultats de biologie confrmant leur contamination par le Covid-19. A défaut d'isolement, le port du masque immédiatement à l'entrée dans le service ainsi que la désinfection des mains sont à favoriser pour ne pas risquer la contamination de la salle d'attente.
Une prise en charge prioritaire pour diagnostiquer la cause des symptômes est essentielle et permettra d'assurer au plus vite le suivi du patient dans les unités désignées : seuls certains hôpitaux sont pour l'instant désignés pour traiter en isolement hermétique complet les patients atteints du coronavirus.

Le classement des patients « suspects »

Dans un premier temps, un soignant identife le cas comme suspect : un premier questionnaire va déterminer s'il est exclu de suite ou s'il est possible que son infection corresponde au Covid-19. Cette première étape est cruciale et la prise en charge rapide des cas possibles vers l'isolement et les établissements référents permet une première barrière à la propagation du virus aux autres patients et au personnel soignant. Il faut référer les cas suspects à l'infectiologue référent du SAMU-Centre 15 afn d'assurer leur prise en charge par un des établissements « Covid-19 » du territoire français. Dans ces établissements de santé habilités à prendre en charge les cas de coronavirus, on effectuera les diagnostiques biologiques et le traitement du patient si son cas est confrmé.
La rapidité et l'efficacité du dispositif de classement sont déterminantes pour endiguer rapidement l'épidémie au sein de la population et des structures de santé accueillant les malades.

Les contacts avec le patient : la sécurité avant tout

Le port du masque chirurgical par le patient dès son arrivée est essentiel. Une fois le cas suspect placé en isolement, l'entrée dans le box ou la chambre par les soignants doit se limiter au strict nécessaire et dans les conditions stipulées dans le « Guide Méthodologique » du Ministère de la Santé.
Le soignant entre dans la chambre : équipé d'une sur-blouse à usage unique, d'un masque chirurgical ou FFP2, d'une coiffe type charlotte et éventuellement des gants et lunettes de protection. Ces protections se retirent avant de sortir de la chambre, sauf le masque, la coiffe et les lunettes de protection. La friction hydroalcoolique avant et après l'entrée dans la chambre est évidemment obligatoire ainsi que l'interdiction stricte de se toucher le visage avant la désinfection des mains.
Un nombre réduit de soignants doivent entrer en contact avec les patients : la communication entre le personnel en contact et 'extérieur doit être parfaite pour assurer un bon traitement tout en assurant des risques de contamination minimes pour l'équipe du service.

Témoignage : « Les accompagnants comprennent mieux »

Comment vont les urgences des hôpitaux en cette période d'épidémie ?
Nous avons pris le pouls avec un infirmier urgentiste d'un établissement habilité à recevoir et traiter les patients atteints du Covid-19. « Les gens ont plus peur fatalement, on a moins de passage aux urgences – c'est mon ressenti, je ne connais pas les chifres », nous dit-il. Loin d'évoquer une paranoïa selon lui, les consignes de sécurité données à la population entraînent une meilleure compréhension : « Finalement, c'est plus facile de gérer, car les accompagnants comprennent mieux qu'on ne les fasse pas entrer [dans le service]. Habituellement, on ne les fait pas entrer non plus, on est de trop grosses urgences. Ils doublent le nombre de personnes présentes et on ne s'en sort pas. Avec le coronavirus, les accompagnants comprennent mieux et tentent moins d'entrer en force ou insister. »
Et pour sa santé, les risques sont-ils accrus selon lui ?
« Personnellement, je n'ai pas peur : il suft de suivre les mesures nécessaires et les risques sont minimes. Et de toute façon, à mon âge et étant en bonne santé, ça ne me ferait pas grand chose ! ». Ne pas paniquer, rassurer les patients, bien gérer les accompagnants et surtout, respecter les règles de sécurité mise en place dans le protocole de biosécurité renforcé : les mesures contre le coronavirus en hôpital sont rigoureuses mais simples, et le personnel soignant prêt à se protéger et protéger les patients !