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COVID19: retour sur la formation réanimation de l’APHP

Alors que les recrutements de personnels qualifiés aux soins aigus battaient leur plein, l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris, avec l'aide de l'AGEMS, ont initié une formation aux soins de réanimation. Une de nos intérimaires y a participé : retour sur son expérience. « J'adore les formations, je les cumule. Ca me passionne et ça m'aide à trouver des missions enrichissantes. A l'heure de se porter volontaire dans les unités COVID, j'ai sauté sur l'occasion », nous raconte Fanny, infirmière intérimaire à l'AGEMS. Volontaire de la première heure, elle met fin à sa mission en cours pour aller prêter main forte aux équipes de soignants des établissements et service COVID. Infirmière en médecine et chirurgie, elle avait été initiée aux soins aigus et à la réanimation auparavant, mais elle souhaitait approfondir ses connaissances pour être parfaitement autonome et efficace au plus fort de la crise. Nous avons parlé avec elle de ses motivations et de son ressenti sur cette formation d'urgence, proposée par l'APHP en collaboration avec l'AGEMS, qui a recruté plusieurs formateurs pour les centres qui la dispensait.

Une formation express et dense

Entourée d'autres infirmiers intérimaires, de vacataires de l'ARS, d'élèves infirmiers ayant validé leur dernière année et même de chirurgiens-dentistes, Fanny a pris place dans le centre de formation parisien de Picpus S'annoncent alors deux jours de théorie intenses avec des cours qui s'enchaînent, des powerpoint à la file... bref, une formation à cent à l'heure : « J'avais déjà des connaissances en soins aigus par l'école et aussi la formation à la salle de réveil que j'ai faite avec l'AGEMS, mais ça a été dur de se remettre dans le bain. J'avais besoin de ce rafraîchissement. On nous a montré les machines, beaucoup de diapos sur écran... c'était un bon rappel pour ceux qui ont déjà les bases avec un angle vraiment dédié COVID, on s'est beaucoup penché sur les détresses respiratoires notamment ».

La consolidation par la pratique

Ce que Fanny note, c'est la difficulté que la formation rapide et un peu superficielle a pu poser aux étudiants infirmiers de la nouvelle réforme, qui n'ont pas tous étudié les soins aigus : « En tant que rappel, cette formation était instructive, ça m'a permis de réactiver des connaissances. Mais pour les novices, ces deux jours ont dû sûrement paraître trop courts ». Sans évaluation théorique finale, la formation APHP à la réanimation se concluait directement par la mise en pratique des apprentissages, sous la supervision d'infirmiers qualifiés : « Les lacunes que nous avons pu ressentir au niveau des leçons théoriques ont été palliées par la pratique. C'est le terrain, dans l'unité COVID, qui nous a véritablement formés aux gestes, aux soins, aux machines. » Contente d'avoir réactivé ses connaissances, l'infirmière ajoute : « Si beaucoup de choses me sont revenu de mes études, cette formation en deux temps m'a permis d'asseoir un peu plus mes compétences en réanimation, j'en suis contente. »

La formation, un enjeu professionnel et personnel

Si la crise sanitaire du COVID19 a montré une chose, c'est le manque de personnel qualifié aux soins aigus et en particulier à la réanimation. Pour Fanny, diplômée en 2011, la réforme de l'enseignement en école y est pour quelque chose : « Etudier les soins aigus, c'est essentiel pour les infirmiers. Je suis de l'ancienne réforme, nous devions obligatoirement faire un stage en réa, bloc ou aux urgences, donc j'avais quelques bases. Les étudiants de la nouvelle n'y sont plus obligés et c'est un manque, je pense ». Infirmière intérimaire depuis sept ans, habituée à entreprendre régulièrement des formations, Fanny estime que l'apprentissage continu est nécessaire à son métier : « J'ai choisi l'intérim pour bouger, découvrir de nouvelles choses : plus on est qualifié, plus on trouve de missions intéressantes. J'entreprends beaucoup de formation via l'AGEMS : urgences, bloc opératoire, salle de réveil... je les ai toutes faites ! (rires) » D'une durée d'une semaine de cours théorique, et un stage quand les établissements de santé entrent en collaboration avec l'AGEMS, Fanny estime le format plus adapté que les deux jours auxquels elle a participé à Picpus : « Une semaine, c'est mieux que deux jours : on prend le temps de réfléchir, de poser des questions, c'est un vrai cours. Et quand on peut conclure par un stage, c'est encore mieux, on est vraiment formés ! »